Nos préinscritions pour l'ING New York City marathon, ouvriront le 05/06 à minuit (nuit du 05 au 06).
A cette date vous pourrez...
Comme pour son premier amour, le premier marathon reste ancré dans la mémoire.
Ma première « longue » course sur route date de 1979 (22ans) avec la déjà célèbre classique Alençon-Médavy, longue de 16 km. Espoir de la course à pied, mes participations à des courses sur route n'étaient pas très bien vues par le milieu athlétique de l'époque, d'autant plus que l'idée du marathon germait dans mon esprit et je ne m'en cachais guère. Dès lors les remarques fusèrent à mon égard « trop jeune, tu vas te cramer, les longues distances sont réservées aux coureurs en fin de carrière (sic...) ». Mon côté rebelle me disait « Eh bien justement je vais leur prouver le contraire ! » Un an plus tard je décidais de prendre le départ du marathon de Liévin, sélectif pour les Jeux olympiques de Moscou, nous sommes en 1980 (j'ai 23 ans). La rencontre durant l'hiver précédent avec deux coureurs de bon niveau plus âgés que moi mais novices également sur la distance sera déterminante. Le pari était lancé, un stage en commun dans les Landes (Lacanau) pour se motiver à quelques semaines de l'épreuve ... je souviens ainsi d'une longue sortie de deux tours du lac pour un total de 32 kilomètres, inhabituelle pour l'époque mais presque banale aujourd'hui. J'étais noué par l'angoisse les jours précédents à l'idée d'affronter une telle distance à l'entraînement, la peur de l'inconnu, la peur d'avoir mal. Puis ce fut le grand Rendez-vous ce le 1 mai 1980, nous étions 173 concurrents au départ du marathon, épreuve encore peu populaire à l'époque. J'avais chaussé de grosses Nike Jaunes à la virgule bleue, choisies pour l'assortir à la couleur de mon maillot ( !) ... mais à la pointure trop juste et à l'arrivée les orteils seront également de couleur bleue ! lol. Durant la course je me trouvais dans un deuxième peloton laissant les meilleurs viser la sélection olympique, je m'y sentais plutôt bien et les anciens de ce paquet de coureurs se chargeaient de calmer mes ardeurs : « reste derrière, petit, c'est encore long », j'optempérai. Le conseil s'avéra juste car en fin de course je double mes deux copains d'entraînement pour me classer 8ème dans un temps prometteur de 2 heures 17 minutes et 38 secondes.
Je me vois assis sur le trottoir, enlevant péniblement mes chaussures, les orteils meurtris (ce fut la seule fois) et repartir pieds nus dans l'alfa Roméo rouge de mon président de club vers le Mans. Sensations mélangées de douleur et de joie ... C'était hier ! J'étais un jeune marathonien heureux, le haut niveau s'offrait à moi car je venais de gagner ma première sélection en équipe de France pour un marathon en Espagne quelques mois plus tard... ma carrière de haut niveau démarrait en même temps que l'Alfa-Roméo .
31 années plus tard et quelques quatre vingt dix ( !) autres marathons au compteur, que reste-t-il de cette expédition hormis le fait que je ne sois pas « cramé » sportivement ? Trois amis : les deux compères qui s'appelaient Bernard Faure (France2), Michel Louette et le président Gérard Bizien, mon chauffeur de luxe. Ce marathon fut une véritable découverte de moi-même et un fabuleux trait d'union entre des hommes, une histoire d'amitié y était née.
Demain ce sera votre premier marathon, une page de votre vie se tourne et un nouveau chapitre s'ouvre « Je suis marathonien ».
